Au Bon Zinc · Guide

7 cafés de comptoir authentiques à Marseille

Août 2026 · 7 adresses vérifiables · De 1829 à aujourd'hui

Vous cherchez un vrai café de comptoir à Marseille, pas un bar à tapas tendance, pas un coffee shop sur le Cours Julien, mais un troquet authentique où l'on pose son coude sur le zinc en regardant passer les habitués avec leur journal ? Ce guide recense sept bistrots et cafés marseillais réels, documentés dans la presse locale et les sources vérifiables. Des adresses avec leurs histoires, leurs sources et leurs ancres dans la vie de quartier.

Note de méthode, Chaque établissement listé ici est vérifié par au moins deux sources indépendantes : site officiel, article de presse (La Provence, Culinary Backstreets), répertoire officiel des entreprises ou guide reconnu. En cas de doute sur un détail, nous l'avons exclu. Les adresses ont été croisées avec Google Maps. Si vous constatez une fermeture ou une imprécision, écrivez-nous.
N° 1

Bar de la Marine, 15 quai de Rive-Neuve

15 quai de Rive-Neuve, Marseille 7e · Tel. 04 91 57 08 90

Face au Vieux-Port, le Bar de la Marine est l'un des bistrots les plus anciens et les plus chargés de mémoire de Marseille. Selon son site officiel, un « Cabaret provençal » existait déjà sur ce quai dès 1829, avant que l'établissement ne prenne le nom de Bar de la Marine en 1930. À l'époque, le café était un point de rencontre pour les marins de passage, les pêcheurs, les commerçants et les habitants du quartier.

En 1991, un chantier de rénovation lancé par le décorateur Franck Aguilar lui a donné son décor actuel : le comptoir a été chiné dans un vide-grenier, les chaises récupérées chez des amis, le lustre sorti d'un antiquaire varois. L'idée était de restituer l'univers de la trilogie de Marcel Pagnol, Marius, Fanny, César, dont le personnage de César tenait précisément un bar du Vieux-Port. La salle est aujourd'hui indissociable de cet imaginaire collectif. Le bar est resté ouvert tous les jours de 12 h à 2 h, accueillant habitués, touristes et, parfois encore, marins de passage.


N° 2

La Caravelle, 34 quai du Port

34 quai du Port, Marseille 2e · Tel. 04 91 90 36 64

À l'étage de l'Hôtel Bellevue, face au Vieux-Port, La Caravelle existe depuis 1928. Le site officiel de l'hôtel décrit l'établissement comme « un ancien bar de marins fréquenté depuis les années 20 », une continuité qui dit tout sur l'ancrage du lieu dans la vie portuaire marseillaise. Le décor rétro, boiseries sombres, banquettes, lumières tamisées, a été préservé avec soin.

La Caravelle est un cas rare : un bar de comptoir marseillais qui a su traverser un siècle sans renier son âme. Le soir, des sessions jazz y rassemblent une clientèle qui s'y installe comme chez elle. La terrasse offre une vue directe sur le port et la Bonne Mère en arrière-plan, un cadre que Pagnol lui-même n'aurait pas boudé. Ouvert tous les jours dès 7 h.


N° 3

Café de la Banque, 24 boulevard Paul Peytral

24 boulevard Paul Peytral, Marseille 6e · Tel. 04 91 33 35 07

Ouvert en 1884 quand le boulevard accueillait encore des promeneurs à pied plutôt que des bus, le Café de la Banque doit son nom aux grandes institutions financières qui l'entourent, la Caisse d'Épargne sculptée, la Préfecture de style napoléonien, le consulat américain. Depuis 18 ans, l'établissement est tenu par la famille Lafargue : Arnaud, le patriarche, sa femme Diane, son neveu Thomas et son fils Benjamin.

C'est Arnaud Lafargue qui a fait réinstaller le comptoir en zinc et bois à l'ancienne, remplaçant un bar de style britannique qui avait dénaturé l'intérieur. Les sconces Art Déco en verre, les bouteilles vintage de Bière Phènix (l'ancienne brasserie marseillaise), les affiches de Berger pastis et de St. Raphaël, tout respire le café français de province dans ce qu'il a de plus solide. Les habitués y lisent La Provence dès 7 h. Le dimanche, le café est fermé, seul jour de repos d'une machine bien rodée.


N° 4

Chez Toto, 131 rue de Breteuil

131 rue de Breteuil, Marseille 6e · Tel. 04 91 42 59 91

Rue de Breteuil, sous le quartier Vauban, Chez Toto est le genre d'adresse que les Marseillais de passage dans le 6e se transmettent sans en faire de bruit. Le site de l'Office de Tourisme de Marseille le présente comme un bistrot proposant une cuisine française simple et généreuse, avec un bar en zinc comme colonne vertébrale de la salle. Le format est celui du troquet de quartier : carte courte, formules du midi accessibles, service direct.

Le guide Le Grand Pastis, référence locale de la vie culturelle et gastronomique marseillaise, lui consacre une chronique détaillée, notant l'atmosphère de « vin à la ficelle » et de concerts improvisés le soir. Le décor ne cherche pas à impressionner : il convainc par sa permanence. Un bistrot ouvert du mardi au vendredi midi et soir, et le samedi soir, rythme honnête d'un établissement qui ne court pas après les tendances.


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N° 5

L'Hippocampe, 15 rue Léon Bourgeois

15 rue Léon Bourgeois, Marseille 1er

Au 15 rue Léon Bourgeois, dans le quartier Saint-Charles, Sofiane Smaani tient l'Hippocampe depuis 2007. Sofiane a grandi dans les cafés entre la Plaine et la Belle-de-Mai, en suivant son père de troquet en troquet. À 20 ans, il montait sa première affaire. Aujourd'hui, son bar-tabac est devenu, selon La Provence, « une institution et un repaire pour les habitants du quartier ».

Le décor dit le reste : maillots de l'OM aux murs, photos de famille, cartes postales, trophées du club de football de l'ASPTT que Sofiane entraîne. Le matin, les enseignants des collèges environnants sirotent leur café. Le soir, les ouvriers se délassent autour d'une bière. Le comptoir de granit accueille depuis près de vingt ans les habitués qui lisent le journal, jouent aux cartes ou discutent sans agenda particulier, c'est cela, précisément, un café de comptoir. L'Hippocampe a même servi de décor au dernier clip de la chanteuse belge Angèle.


N° 6

Le Troquet, 17 place Pierre Roux

17 place Pierre Roux, Marseille 5e · M° Baille

Place Pierre Roux, dans le 5e arrondissement, Le Troquet est l'archétype du bistrot de place : une terrasse donnant sur une esplanade, des produits frais en cuisine, une ambiance qui rappelle les villages du Midi. Le guide Petit Futé le décrit comme ouvert du lundi au samedi dès 8 h 30, avec une formule du midi accessible et des soirées animées le week-end.

Love Spots Marseille lui consacre une fiche qui résume bien le portrait : « bar-restaurant » au cœur d'un quartier résidentiel, avec une terrasse où l'on se croirait dans un village. Le SIRET de l'établissement est enregistré au Répertoire national des entreprises sous cette adresse. C'est ce type de zinc discret, installé sur une place plutôt que sur une grande artère, que l'on finit par considérer comme irremplaçable quand il ferme.


N° 7

Grand Bar des Goudes, 28 rue Désirée Pelaprat

28 rue Désirée Pelaprat, Marseille 8e

En bout de ville, face aux calanques, le Grand Bar des Goudes est un centenaire : l'établissement existe depuis 1920, dans le petit village de pêcheurs des Goudes. Pendant plus d'un siècle, il a fait partie du tissu social du quartier, lieu de déjeuner pour les pêcheurs, terrasse pour les promeneurs du dimanche, café du matin pour ceux qui habitent ces maisons blanches entre mer et collines.

Depuis 2000, le chef Benjamin Mathieu, né à Marseille, perpétue cet esprit tout en élevant la cuisine : formé à l'Oustau de Baumanière, au Louis XV d'Alain Ducasse à Monaco et au Bristol à Paris, il a choisi de revenir aux Goudes et de travailler les produits de la mer avec la rigueur de son parcours. En décembre 2025, il a été sacré champion de France de la bouillabaisse lors du championnat de Sausset-les-Pins. Un bistrot de comptoir qui prend ses racines au sérieux.


Le café de comptoir marseillais : une identité propre

À Marseille, le café de comptoir n'est pas tout à fait le même qu'à Paris ou à Lyon. Il porte une double identité : d'un côté l'héritage portuaire, les marins, les pêcheurs, les dockers qui faisaient leur café à 6 h avant la tournée, de l'autre la culture méditerranéenne de la place et du quartier, où l'on refait le monde au pastis, sous un platane ou face au port. Le zinc y côtoie le ballon de rosé et les discussions football.

Ces cafés ont aussi une relation particulière avec le cinéma et la littérature. Marcel Pagnol a transformé le bar du Vieux-Port en mythe universel. Les bistrots que l'on trouve dans ce guide portent cet héritage sans nécessairement en faire un argument marketing, ils existent, simplement, parce que les Marseillais continuent d'en avoir besoin.

Si vous cherchez le même type d'adresses à Paris, nous avons un guide des 12 vrais bistrots au zinc à Paris. Pour Lyon, notre guide des 8 bouchons lyonnais recense les adresses certifiées. Pour Bordeaux, notre guide des 7 cafés de comptoir bordelais couvre les institutions du Quai de la Douane aux Allées Tourny. Et si vous voulez comprendre pourquoi ces lieux disparaissent partout en France, notre enquête sur le déclin des cafés de comptoir français donne les chiffres réels.


Questions fréquentes

Où trouver un vrai café de comptoir à Marseille ?

Pour un vrai café de comptoir à Marseille, rendez-vous au Bar de la Marine (15 quai de Rive-Neuve, 7e) ou à La Caravelle (34 quai du Port, 2e) sur le Vieux-Port. Pour un café de quartier sans touristes, essayez L'Hippocampe (15 rue Léon Bourgeois, 1er) ou Le Troquet (17 place Pierre Roux, 5e). Pour une expérience plus historique, le Café de la Banque (24 bd Paul Peytral, 6e) date de 1884.

Quel est le plus vieux café de Marseille encore ouvert ?

Le Bar de la Marine (15 quai de Rive-Neuve, Marseille 7e) est l'un des plus anciens : son site officiel signale un « Cabaret provençal » sur ce quai dès 1829 et le nom Bar de la Marine depuis 1930. Le Café de la Banque (24 boulevard Paul Peytral, 6e) est documenté depuis 1884. Le Grand Bar des Goudes (28 rue Désirée Pelaprat, 8e) existe depuis 1920.

Marseille a-t-elle des bistrots de comptoir comme Paris ou Lyon ?

Oui, mais avec une identité propre. Le café de comptoir marseillais a une dimension méditerranéenne : le zinc côtoie le pastis, les supporters de l'OM et les habitués qui lisent La Provence dès le matin. Des adresses comme le Bar de la Marine ou L'Hippocampe illustrent cette culture du troquet de quartier, distincte mais tout aussi vivace qu'à Paris ou à Lyon.

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